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Fiche mesure · catalogue v2026.07.3

Enfance & famille

Pension alimentaire garantie : versement automatique universel par la CAF, sans faille ni démarche

Coûte 0,1 à 0,3 Md€/an support documentaire non probabiliste grade B

Composer avec cette mesure

Depuis 2020-2023, la loi a rendu l'intermédiation financière des pensions alimentaires (Ifpa, gérée par l'Aripa/CAF) automatique par défaut pour les divorces judiciaires (mars 2022) puis pour toutes les séparations avec titre exécutoire (janvier 2023), sauf opposition conjointe ou décision motivée du juge. Dans les faits, l'automaticité ne fonctionne que pour le canal judiciaire : en 2024, 61 % des 127 404 demandes d'intermédiation proviennent des greffes des tribunaux, contre 0,2 % (environ 300 dossiers) transmis par les avocats et notaires, l'opt-out y étant quasi généralisé (HCFEA, note du 4 novembre 2025). Or les divorces par consentement mutuel sans juge et les séparations de couples pacsés ou concubins passent précisément par ces professionnels : la majorité des séparations à l'amiable échappe de facto à la garantie voulue par le législateur. En cas d'impayé au sein même du dispositif, l'allocation de soutien familial (ASF) recouvrable reste « quérable » : c'est au parent créancier de la demander, source de retards et de non-recours. La mesure : (1) transmission des dossiers par les avocats et notaires rendue effectivement obligatoire et sanctionnée, fermant la faille de l'opt-out amiable ; (2) bascule automatique, sans demande, vers l'ASF dès le premier mois d'impayé ; (3) barème de calcul unifié (aujourd'hui deux barèmes concurrents: ministère de la Justice et Aripa: source de refus d'homologation dans 30 % des cas) ; (4) prélèvement automatique à date fixe généralisé. Objectif opposable : plus aucune mère seule ne relance elle-même un débiteur.

Chiffrage pièce par pièce : (i) le système actuel laisse 0,293 Md€/an d'impayés non recouvrés (Cour des comptes, RALFSS mai 2025, cité par le HCFEA), dont une partie structurellement irrécouvrable (débiteurs « hors d'état », 30 % des enfants bénéficiaires de l'ASF selon la Cnaf/DSS) ; (ii) la fermeture de l'opt-out avocats-notaires élargit le périmètre couvert d'un facteur 1,3 à 1,8 selon la part des séparations amiables aujourd'hui hors champ (trou de données pointé par la Cnaf et la Cour des comptes) ; (iii) 200 à 300 ETP Aripa additionnels (effectifs passés de 400 à ~1 100 entre 2020 et 2024, Cnaf), soit ~15 M€/an ; (iv) net des frais de gestion sur débiteurs défaillants (7,5 à 10 %, art. R. 581-6 CSS) et des économies induites sur RSA et prime d'activité, non chiffrées par la Cnaf. Le taux de recouvrement global est passé de 63,6 % (2017) à 80 % (2024, Cnaf-DSER).

Critère d'échec public : Si, trois ans après la réforme, la part des dossiers transmis par les avocats et notaires reste sous 20 % des demandes d'intermédiation (contre 0,2 % en 2024), ou si le taux de recouvrement toutes créances confondues (y compris situations « hors d'état ») reste sous 50 % (contre 38 % en 2023, Cour des comptes) → révision du régime de sanction et du circuit de transmission.

Qui porte cette mesure ?

Aucun des programmes types encodés ne la porte: mesure d'origine Toutes tendances.

Origine documentaire : Toutes tendances

Groupes potentiellement concernés

Améliore la situation de 800 000 à 1,2 million de personnes : Cnaf/MSA: dossier de presse, janvier 2023 : environ 900 000 à 1 million de parents créanciers d'une pension alimentaire, dont 30 à 40 % d'impayés totaux ou partiels avant la réforme

Parents créanciers d'une pension alimentaire (majoritairement des mères) directement concernés par la sécurisation effective du versement: sans compter les enfants des foyers concernés.

Groupes susceptibles d'être défavorisés

  • Parents débiteurs défaillants (recouvrement automatique, frais de gestion de 7,5 à 10 % du montant dû)moyen
  • Avocats et notaires (obligation de transmission sanctionnée, fin de l'opt-out de fait)faible

Groupes potentiellement avantagés

  • Parents créanciers: à 85 % des mères: et leurs enfants, notamment dans les séparations amiables aujourd'hui hors du champ effectif de l'automaticité
  • Créancières ayant connu des impayés ou une séparation conflictuelle (sécurisation financière et apaisement documentés par la Cnaf)

Score de rupture

Rupture : réforme (23/100)

Descriptif, jamais normatif: ce score dit seulement combien cette mesure s'écarte du cadre existant, pas si c'est souhaitable. Calculé uniquement depuis des champs déjà publiés sur cette fiche (véhicule juridique, coût, perdants, délai, main-d'œuvre).

Détail du calcul
  • Véhicule juridique: 12/30 loi de financement de la sécurité sociale (sur le modèle de la LFSS 2022, art. 100) + décrets (barème unique, obligation de transmission, ASF non quérable)
  • Ampleur budgétaire: 1/30 0,1 à 0,3 Md€/an, échelle logarithmique
  • Perdants assumés: 5/25 2 perdants nommés (poids fort=8, moyen=4, faible=1)
  • Profondeur de transformation: 5/15 délai ≈ 2 ans, main-d'œuvre mobilisée (besoin + libéré)

Chaque composante se conteste comme un chiffrage: une source ou une correction de fiche suffit (méthode complète, contester).

Effets non monétaires expérimental

Effets favorables documentés : parents créanciers d'une pension alimentaire: à 85 % des mères: confrontés à un impayé total ou partiel, aujourd'hui contraints de relancer eux-mêmes le débiteur, bénéficiant d'une sécurisation automatique du versement sans démarche (~330 000 personnes) : sécurité

confiance C · couverture partielle (d'autres effets restent à documenter) · méthode · contester

Détail du calcul
  • parents créanciers d'une pension alimentaire: à 85 % des mères: confrontés à un impayé total ou partiel, aujourd'hui contraints de relancer eux-mêmes le débiteur, bénéficiant d'une sécurisation automatique du versement sans démarche : ~330 000 personnes (Cnaf/MSA: dossier de presse, janvier 2023 : 30 à 40 % des pensions alimentaires totalement ou partiellement impayées sur environ 1 million de pensions) · sécurité · +0.1 à +0.25 point de satisfaction de vie (échelle 0-10) par personne et par an · confiance C Sources : Secours Catholique: Familles monoparentales : surmonter la précarité et l'isolement (surmenage et isolement documentés des mères seules confrontées aux impayés) ; DREES: Familles monoparentales : un sentiment de vulnérabilité et une attente forte de soutien à la parentalité

Non compté ici (pour ne rien compter deux fois) : montants de pensions effectivement recouvrés → traité par le canal incidence (0,8-1,2 M de parents créanciers).

Mesures proches

Sources et mise en œuvre

loi de financement de la sécurité sociale (sur le modèle de la LFSS 2022, art. 100) + décrets (barème unique, obligation de transmission, ASF non quérable) · délai de montée en charge ≈ 2 ans · bande documentaire non calibrée et méthode d'agrégation détaillées dans la méthodologie.

Un chiffre vous semble faux ? Contestez ce chiffrage: une source suffit.