Fiche mesure · catalogue v2026.07.3
Garantie d'emploi territoriale (généralisation des Territoires Zéro Chômeur)
Coûte 20 à 28 Md€/an support documentaire non probabiliste grade B
Extension nationale du dispositif expérimental « Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée », porté historiquement par ATD Quart Monde et repris comme mesure phare par LFI et une partie du PS/PCF sous le nom de « garantie d'emploi » ou « emploi de dernier ressort ». La trajectoire réelle est plus modeste mais transpartisane : une loi de pérennisation-extension a été adoptée quasi unanimement par l'Assemblée (janvier 2026) puis par le Sénat en version assouplie (juin 2026, navette en cours), l'expérimentation actuelle (~85 territoires, 3 290 personnes fin 2024) expirant fin 2026 ; la Cour des comptes (juin 2025) juge le dispositif utile localement mais coûteux (28 000 €/ETP en 2023) et souligne que l'équilibre financier espéré par les promoteurs (économies de guichet compensant le coût) n'est pas démontré. Cette fiche chiffre la généralisation intégrale à l'échelle du million de chômeurs de longue durée, toujours portée par LFI pour 2027: un tout autre ordre de grandeur que le compromis parlementaire. Toute personne privée durablement d'emploi et volontaire se voit proposer un CDI rémunéré au SMIC dans une entreprise à but d'emploi (EBE) locale, financé en théorie par le redéploiement des coûts de la privation d'emploi (allocations, minima sociaux, manque à gagner fiscal), mais ce redéploiement n'est pas validé par une évaluation officielle à ce jour : le coût net reste très incertain à grande échelle (l'expérimentation ne couvre que quelques dizaines de territoires).
Coût brut pour environ 1 million de chômeurs de longue durée volontaires : ~28 Md€/an, calculé à partir du coût constaté par la Cour des comptes de 28 000 €/ETP en 2023 (financement public État + départements rapporté aux emplois en équivalent temps plein). La Cour des comptes indique explicitement que l'équilibre entre ce coût et les dépenses évitées (allocations chômage, minima sociaux, manque à gagner fiscal) « n'est pas démontré » : aucun taux d'économies de guichet n'est validé par une évaluation officielle, contrairement à l'hypothèse d'une défalcation de 40-50 % retenue par les promoteurs du dispositif. La fourchette est donc resserrée près du coût brut par prudence méthodologique, faute de chiffrage institutionnel du coût net ; elle demeure très incertaine à grande échelle (l'expérimentation ne couvre que ~3 300 personnes fin 2024).
Critère d'échec public : Si le coût par emploi créé dépasse 32 000 €/an sur l'échantillon élargi à 3 ans (la Cour des comptes constate déjà 28 000 €/ETP en 2023, sans économies de guichet démontrées à ce jour), ou si le taux de pérennisation des emplois est inférieur à 60 % à 5 ans, arrêt de la généralisation et retour au périmètre expérimental (Cour des comptes, 20 juin 2025).
Qui porte cette mesure ?
- Gauche de rupture (La France insoumise · LFI)
- Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise · LFI)
Reconstitutions documentaires non officielles, ne représentant pas une position officielle des partis cités: en savoir plus.
Origine documentaire : Extrême gaucheGauche
Groupes potentiellement concernés
Incidence populationnelle non documentée : l'absence de donnée reste inconnue et n'est jamais convertie en zéro.
Groupes susceptibles d'être défavorisés
- Finances publiques (financement massif si le coût net dépasse les économies attendues)fort
Groupes potentiellement avantagés
- Chômeurs de longue durée volontaires
- Associations et collectivités porteuses des entreprises à but d'emploi
Score de rupture
Rupture : réforme profonde (52/100)
Descriptif, jamais normatif: ce score dit seulement combien cette mesure s'écarte du cadre existant, pas si c'est souhaitable. Calculé uniquement depuis des champs déjà publiés sur cette fiche (véhicule juridique, coût, perdants, délai, main-d'œuvre).
Détail du calcul
- Véhicule juridique: 12/30 loi ordinaire + loi de finances
- Ampleur budgétaire: 21/30 20 à 28 Md€/an, échelle logarithmique
- Perdants assumés: 8/25 1 perdant nommé (poids fort=8, moyen=4, faible=1)
- Profondeur de transformation: 11/15 délai ≈ 5 ans, main-d'œuvre mobilisée (besoin + libéré)
Chaque composante se conteste comme un chiffrage: une source ou une correction de fiche suffit (méthode complète, contester).
Effets non monétaires expérimental
Effets favorables documentés : chômeurs de très longue durée (54 mois de privation d'emploi en moyenne) recrutés en CDI dans une entreprise à but d'emploi (~1 M de personnes) : autonomie
confiance B · couverture partielle (d'autres effets restent à documenter) · méthode · contester
Détail du calcul
- chômeurs de très longue durée (54 mois de privation d'emploi en moyenne) recrutés en CDI dans une entreprise à but d'emploi : ~1 M de personnes (hypothèse de généralisation nationale (cible LFI/TZCLD, cohérente avec main_oeuvre.besoin de la fiche) ; 3 290 personnes dans l'expérimentation fin 2024 (France Stratégie)) · autonomie · +0.5 à +1 point de satisfaction de vie (échelle 0-10) par personne et par an · confiance B Sources : Clark & Oswald 1994: Unhappiness and Unemployment, The Economic Journal ; Winkelmann & Winkelmann 1998: Why are the unemployed so unhappy? Economica ; Clark, Diener, Georgellis & Lucas 2008: Lags and Leads in Life Satisfaction (pas d'adaptation complète au chômage pour les hommes), The Economic Journal ; France Stratégie: comité scientifique de l'évaluation TZCLD, rapport d'étape, automne 2024
Non compté ici (pour ne rien compter deux fois) : effet revenu (SMIC vs allocations et minima sociaux évités) → traité par le chiffrage budgétaire (cout.brut) ; gain de lien social propre au collectif de travail de l'entreprise à but d'emploi, non chiffré séparément pour éviter le double compte avec l'effet emploi.
Mesures proches
- Filière nationale de 100 000 soudeurs, chaudronniers et tuyauteurs pour les chantiers prioritaires -0,4 à -0,1 Md€/an
- France Travail : accompagnement en coaching intensif des chômeurs de longue durée -1,5 à -1 Md€/an
- Médecine du travail refondée : supervision renforcée et bonus-malus employeurs -0,8 à -0,4 Md€/an
- 39 heures payées 39 (durée légale relevée) 1 à 6 Md€/an
Sources et mise en œuvre
- Cour des comptes: L'expérimentation « Territoire zéro chômeur de longue durée » 2016-2024, rapport public thématique (28 000 €/ETP en 2023, 57,1 M€ de dépense État en 2024, équilibre coût/dépenses évitées « non démontré »), 20 juin 2025
- PPL de pérennisation-extension TZCLD (n°1326): adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 27 janvier 2026, par le Sénat le 9 juin 2026 (navette en cours, échéance fin 2026)
- France Stratégie / Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan: Vers une garantie d'emploi ? Rapport final du comité scientifique de l'évaluation de l'expérimentation TZCLD, 23 septembre 2025
- LFI: garantie d'emploi (L'Avenir en commun, réédition 2025)
loi ordinaire + loi de finances · délai de montée en charge ≈ 5 ans · bande documentaire non calibrée et méthode d'agrégation détaillées dans la méthodologie.
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