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Fiche mesure · catalogue v2026.07.3

Travail & emploi

Transparence salariale intégrale : transposition maximale de la directive européenne 2023/970

Coûte 0 à 0,1 Md€/an support documentaire non probabiliste grade B

Composer avec cette mesure

La directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 impose, à effet au 7 juin 2026, un socle commun : indication de la rémunération ou de la fourchette dans l'offre d'emploi ou avant l'entretien, interdiction de demander l'historique salarial du candidat, droit pour tout salarié de demander la rémunération moyenne de sa catégorie ventilée par sexe, reporting des écarts (annuel dès 250 salariés, triennal de 150 à 249, puis de 100 à 149 à partir de 2031), évaluation conjointe et mesures correctives obligatoires si l'écart non justifié dépasse 5 %, et renversement de la charge de la preuve au bénéfice du salarié en cas de litige. Au 13 juillet 2026, la France a manqué l'échéance de transposition : un projet de loi a été transmis au Conseil d'État début juin 2026, sans examen parlementaire attendu avant l'automne 2026 au plus tôt: certaines dispositions (transparence pré-embauche, art. 5) sont d'effet direct depuis le 7 juin 2026. La mesure transpose au-delà du plancher : couverture des entreprises de 50 à 99 salariés (déjà soumises à l'index égalité professionnelle), fourchette précise obligatoire dès la première offre d'emploi, et charge de la preuve inversée dès qu'un écart non expliqué par des facteurs objectifs persiste sous le seuil de 5 % retenu par la directive. L'index égalité actuel est documenté comme insuffisant (scores moyens de 88/100 en 2024 pour un écart de rémunération global de l'ordre d'un quart ; sanctions peu dissuasives selon la Cour des comptes). L'enjeu de fond, documenté par l'Insee et l'IPP, est la pénalité maternelle : écart de revenu salarial de 29,9 % en moyenne au détriment des mères dès la naissance, jusqu'à 40 % de pertes pour les salaires les plus bas: la transparence agit sur le canal complémentaire de la discrimination à poste comparable, par l'information et le contentieux plutôt que par l'incitation déclarative.

Le tendanciel est la transposition a minima de la directive (obligatoire, donc sans coût marginal propre). La version maximale n'ajoute, côté budget public, qu'un renforcement ciblé des effectifs de contrôle de l'inspection du travail et de la DGT pour instruire les évaluations conjointes et les recours sur un périmètre élargi (50-99 salariés) : de l'ordre de la centaine d'ETP. Le coût de mise en conformité (audit des grilles, refonte des classifications, 30 000 à plus de 100 000 € par entreprise selon les cabinets RH) est privé et n'entre pas dans le budget de l'État.

Critère d'échec public : Si, cinq ans après l'entrée en vigueur, la part inexpliquée de l'écart de rémunération à poste comparable ne recule pas d'au moins 2 points (niveau actuel de l'ordre de 4 à 5 % selon Insee/IPP), ou si moins de la moitié des entreprises de 50 à 99 salariés publient effectivement des fourchettes dans leurs offres d'emploi → révision du dispositif de sanction.

Qui porte cette mesure ?

Aucun des programmes types encodés ne la porte: mesure d'origine Gauche / Centre.

Origine documentaire : GaucheCentre

Groupes potentiellement concernés

Incidence populationnelle non documentée : l'absence de donnée reste inconnue et n'est jamais convertie en zéro.

Groupes susceptibles d'être défavorisés

  • Entreprises à pratiques salariales opaques ou à grilles de classification non auditéesmoyen
  • Employeurs sous-payant à poste et compétences égales (rattrapages salariaux et contentieux)moyen
  • TPE-PME de 50 à 99 salariés nouvellement couvertes (coût privé de mise en conformité)faible

Groupes potentiellement avantagés

  • Salariées et candidates à l'embauche, notamment dans les métiers à prédominance féminine
  • Mères de famille subissant la pénalité salariale liée à la maternité
  • Salariés des entreprises de 50 à 99 salariés auparavant hors du champ des obligations de transparence

Score de rupture

Rupture : réforme (24/100)

Descriptif, jamais normatif: ce score dit seulement combien cette mesure s'écarte du cadre existant, pas si c'est souhaitable. Calculé uniquement depuis des champs déjà publiés sur cette fiche (véhicule juridique, coût, perdants, délai, main-d'œuvre).

Détail du calcul
  • Véhicule juridique: 12/30 loi ordinaire (transposition renforcée de la directive UE 2023/970)
  • Ampleur budgétaire: 0/30 0 à 0,1 Md€/an, échelle logarithmique
  • Perdants assumés: 9/25 3 perdants nommés (poids fort=8, moyen=4, faible=1)
  • Profondeur de transformation: 3/15 délai ≈ 1 an, main-d'œuvre mobilisée (besoin + libéré)

Chaque composante se conteste comme un chiffrage: une source ou une correction de fiche suffit (méthode complète, contester).

Effets non monétaires expérimental

Effets favorables documentés : salariées et candidates à l'embauche bénéficiant d'une information renforcée sur les grilles de rémunération, réduisant l'asymétrie d'information et le sentiment d'iniquité salariale documenté par la littérature sur la transparence des rémunérations (~13,5 M de personnes) : autonomie

confiance C · couverture partielle (d'autres effets restent à documenter) · méthode · contester

Détail du calcul
  • salariées et candidates à l'embauche bénéficiant d'une information renforcée sur les grilles de rémunération, réduisant l'asymétrie d'information et le sentiment d'iniquité salariale documenté par la littérature sur la transparence des rémunérations : ~13,5 M de personnes (Insee: Une photographie du marché du travail en 2024, Insee Première n°2044 (27,0 M de salariés fin 2024, dont la moitié des postes salariés occupés par des femmes)) · autonomie · +0.02 à +0.08 point de satisfaction de vie (échelle 0-10) par personne et par an · confiance C Sources : Duchini & Simion: A review of the effects of pay transparency, 2023 (la transparence de la rémunération est positivement liée à la satisfaction salariale via la perception de justice organisationnelle) ; Baker, Halberstam, Kroft, Mas & Messacar: Pay Transparency and the Gender Gap, NBER Working Paper n°25834 (effet mixte selon la position par rapport à la médiane, mais réduction documentée de l'écart salarial et hausse de l'embauche des femmes dans les entreprises soumises au reporting)

Non compté ici (pour ne rien compter deux fois) : réduction de l'écart salarial femmes-hommes lui-même → relève du revenu, hors périmètre non monétaire ; coût de mise en conformité des entreprises → relève du budget privé, non chiffré ici.

Mesures proches

Sources et mise en œuvre

loi ordinaire (transposition renforcée de la directive UE 2023/970) · délai de montée en charge ≈ 1 an · bande documentaire non calibrée et méthode d'agrégation détaillées dans la méthodologie.

Un chiffre vous semble faux ? Contestez ce chiffrage: une source suffit.